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PresseLe Nouveau Dossier, sanglant, grinçant, juteux |
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Jusqu'à ses 104 ans, Méphisto* avait bien caché son jeu. Castré à l'age de deux ans, d'un signe astrologique plutôt sympathique (Vierge), rien ne laissant présager chez lui l'occurrence d'une telle sauvagerie, mise à part peut-être le nom de sa boucherie, La tête de veau. C'est donc avec surprise que la nouvelle est tombée ce matin, comme un couperet grinçant dont le bruit strident a réveillé brutalement les pauvres villageois endormis; comme un couplet discordant, qui amène toujours le même refrain de terreur — la mort, le crime, l'horreur. C'est dans le sang et les pleurs que nous relatons ici ces faits ineffables. Tout s'est déroulé dans un petit quartier sans histoire (mise à part celle-ci, NDLR), au sein duquel vivait une voyante dont les rêves prémonitoires furent longtemps mésestimés. A tort. En effet, la vieille femme, la veille du drame, avait vu en songe des corbeaux décharnés vomissant des tripes vermeilles sur de la neige immaculée. Hélas, pendant ce temps, personne ne se méfiait de l'homme qui promenait une jeune chienne en laisse, les yeux rivés sur son cul, ramassant précautionneusement ce qui en sortait, d'un geste rapide et discret, à l'aide d'un petit sac en plastique mystérieux. Personne ne se méfiait, pourtant ce comportement aurait pu apparaître suspect aux observateurs les plus sagaces... Rôdant autour d'un parc isolé, d'un pas leste et lent, le criminel préparait ses gestes mentalement, cernant sa proie, pendant que ses dents acérées, déguisées d'un blanc hypocrite, s'apprêtaient à se régaler du cerveau de Marguerite.* La malheureuse était débile profonde, innocente, de bon goût et aux sorties parfois pénétrantes: "malgré la mort quotidienne de centaines de mes neurones, j'aime la vie", avait-elle dit le jour de ses 12 ans, répétant à moitié ce que les médecins lui disant souvent pour lui expliquer sa condition dégénérative. "Quelle douceur et quelle beauté caractérise cet être exceptionnel, tels deux seins sur l'autel de la pureté", c'est ainsi que le curé aimait la qualifier, très compréhensif. Hélas, l'affreux Méphisto allait bientôt balayer tous ces jolis souvenirs de plusieurs coups tranchants, amples et mortels, des oreilles jusqu'aux fesses, en s'attardant particulièrement sur la cervelle. L'odieux personnage n'eut bien sûr aucun problème à attirer sa victime dans sa cuisine, bien équipée au demeurant - quoi de plus facile pour un boucher que de se procurer des couteaux? Malgré son retard mental, la jeune fille compris rapidement que les choses allait mal tourner (d'après l'expertise psychiatrique post mortem), et elle commença à s'agiter, renversant les bibelots environnant, de petits sexes en terre cuite pour la plupart, que l'on retrouva brisé sur le sol le lendemain. Voyant cette agitation, la brute monstrueuse voulu agrafer la bouche de la malheureuse afin de la faire taire bien vite, mais il ne pu que s'enrager, et hurler plus fort que sa proie, quand il réalisa qu'il avait saisit la perforatrice. La victime cessa de crier néanmoins, avant de fondre silencieusement en larmes douloureuses. Toujours furieux, le monstre brutal se souvint alors avoir prêté son agrafeuse à sa mère, qui confectionnait de petites cartes de voeux, les vendant ensuite au travers d'un réseau de bricolages non déclaré. (Une fois encore, force est de constater que les chiens ne font pas des chats. ) Mais reprenant rapidement ses esprits, la bête enragée avait en quelques secondes tranché les flancs gras de la jeune pucelle ingénue, se délectant d'une chair si bien coupée, si fraîche et juteuse, qu'il ressenti l'impérieux besoin d'en faire de petits dés pour mieux l'apprécier. Hélas, sans faire preuve de beaucoup d'innovation (ce qui était normal étant donné sa condition), la jeune fille s'était remise à hurler (d'après les voisins). Le bourreau eut alors la bonne idée de lui couper les cordes vocales. Malheureusement, la petite s'était trop agitée et avait eut la jugulaire largement tranchée (d'après les traces de sang au plafond). Elle avait bien essayé de se servir d'une cuillère à thé comme bouclier, mais la tronçonneuse de son agresseur avait bien vite prit le dessus. Peu après, agenouillé dans une marre de sang, en arrachant l'organe vital symbole de l'amour hors de la cage thoracique béante de ce qui n'était déjà plus qu'un cadavre sans vie, l'assassin s'écrira pour lui-même, provocateur, qu'il avait toujours eu le coeur sur la main. Il se trouva plein d'esprit, surtout en dégustant ensuite le cortex frontal (d'après le témoignage du perroquet de l'agresseur). Le poing fermé de la jeune fille gisait alors sur le sol, immobile, tranché en plusieurs endroits, à multiple répétition. Tout à coup, le majeur de cette main autrefois gauche se releva pour former ce signe grossier qu'affectionne les mineurs incivils (d'après la police et le journal télévisé). Ce fut là le seul acte répréhensible qu'elle fit de sa vie, et comme elle était morte, on lui pardonnera. Pauvre petite, violée à la trancheuse à jambon alors qu'elle était enceinte de 11 mois, elle ne connaîtrait jamais son enfant, illégitime mais pur, d'un père d'ailleurs entièrement dévoué à Dieu. La vie n'a pas voulu d'elle; c'est tout un village de quatre habitants qui est endeuillé. Après son forfait, le bourreau s'est tranché les veines aux barbituriques. On ne l'a jamais retrouvé (d'après la famille de la victime). Il s'était débarrassé du corps dans une corbeille à papier – "pour des raisons écologique", avait-il écrit avec ses poils. Ce fut sa dernière ironie insolente avant de rôtir en enfer. SOMMAIRE, ça presse! |
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